Ministère de l’économie et des finances

Les juges soupçonnent Alexis Kohler d’avoir « participé » à des décisions sur l’armateur MSC, lié à sa famille

Les magistrats instructeurs reprochent notamment au secrétaire général de l’Elysée d’avoir « persisté », entre 2012 et 2016 dans les cabinets de Pierre Moscovici puis Emmanuel Macron à Bercy, « à émettre des avis ou donner des orientations stratégiques » sur des dossiers « impliquant le groupe MSC ».

UBS : quand Bercy se refuse à indemniser une lanceuse d’alerte

Sans Stéphanie Gibaud, il n’y aurait pas eu de scandale UBS. Alors que l’État a récupéré des milliards grâce à ses informations permettant de mettre fin à l’évasion fiscale de la banque suisse, le ministère des finances se refuse à l’indemniser. Le tribunal administratif lui a demandé de reconsidérer sa position. Bercy a fait appel.

« Uber Files » : une plongée inédite et alarmante dans la boîte noire du lobbying

L’enquête du « Monde » et de ses partenaires illustre comment une multinationale peut recourir à des moyens colossaux, des jeux d’influence à très haut niveau et des méthodes agressives pour faire changer la loi à son avantage.
Des documents internes à l’entreprise, analysés par « Le Monde », montrent comment, entre 2014 et 2016, le ministre de l’économie Emmanuel Macron a œuvré en coulisse pour la société de VTC, qui tentait d’imposer une dérégulation du marché et affrontait l’hostilité du gouvernement. Emmanuel Macron a été, à Bercy, plus qu’un soutien, quasiment un partenaire. Un ministre qui suggère à Uber de transmettre des amendements « clés en main » à des députés amis ; un ministre qu’Uber France n’hésite pas à solliciter en cas de perquisition dans ses locaux ; un ministre qui, ce 1er octobre 2014, « s’excuse presque » de l’entrée en vigueur de la loi Thévenoud, d’après un compte rendu du rendez-vous écrit par le lobbyiste Mark MacGann pour ses collègues anglophones.
Le groupe américain a aussi rémunéré des experts, dont les économistes français Nicolas Bouzou et Augustin Landier, pour réaliser des études sur mesure et prendre sa défense dans les médias.

Morgane Colas-Weill rejoint le cabinet de Bruno Le Maire

Habituée des allers-retours public-privé, Morgane Colas-Weill a commencé chez McKinsey avant de travailler en préfectures (Morbihan, Seine St-Denis, Bouches-du-Rhône), puis chez Carrefour en affaires publiques, avant de rejoindre l'inspection des finances comme inspectrice pour 5 ans. Elle retourne ensuite chez Carrefour pour 4 ans, à différents postes de direction. En juillet 2022 elle est nommée directrice adjointe du cabinet du ministère de l’Economie et des Finances, aux côtés de Bruno Le Maire.

Matthieu Heurtel rejoint Morgan Stanley

Fondateur du service Dossierfacile, qui propose aux propriétaires de biens immobiliers de repérer pour eux les faux justificatifs dans les dossiers de location, il est nommé conseiller auprès de Cédric O, quand celui-ci est secrétaire d’Etat chargé du Numérique. Il part en septembre 2021 pour rejoindre la banque Morgan Stanley, avant de cofonder l'école Albert School, une école de commerce « data-centric ».

Dorothée Rouzet rejoint Citigroup

Ancienne conseillère du ministre de l’économie Bruno Le Maire, Dorothé Rouzet rejoint en juin 2022 la banque américaine Citigroup. Dans sa filiale française, Dorothée Rouzet prendra la fonction de Cheffe économiste. Elle travaillait auparavant à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Ce pantouflage a été validé avec réserves par la HATVP.

Charlotte Gounot rejoint Defacto

Entrée au cabinet du ministre de l’économie Bruno Le Maire en août 2020 en tant que Conseillère en charge de la relance, de la transition écologique et du suivi de l’exécution des réformes, après cinq années passées au Trésor, Charlotte Gounot va rejoindre cette semaine la start-up de fintech (technologie financière) Defacto, dédiée au paiement différé pour les PME.

General Electric : 800 millions d’euros transférés de France vers des paradis fiscaux

C’est un fiasco industriel qui n’en finit plus. Sept ans après la vente de la branche énergie d’Alstom à General Electric, le bilan de la multinationale américaine en France est désastreux : 5 000 emplois supprimés, dont 1 400 rien que pour son usine de turbine de Belfort ; un savoir-faire technologique laissé à l’abandon ; une enquête préliminaire pour « prise illégale d’intérêts » contre Hugh Bailey, le directeur général de GE France… Et désormais, un scandale d’évasion fiscale.
Selon l'enquête de Disclose, qui s’appuie sur des rapports d’audits indépendants et plusieurs documents comptables internes au groupe, la multinationale américaine aux 80 milliards d’euros de chiffre d’affaires a mis en place un opaque montage financier entre son antenne française, la General Electric Energy Products France (GEEPF), et des filiales domiciliées en Suisse et dans l’état américain du Delaware. L’objectif : échapper au fisc en sortant de France plusieurs centaines de millions de bénéfices liés à la vente de turbines à gaz produites à Belfort.

Forte hausse des saisies et confiscations d’avoirs criminels en France

Pour fêter ses dix ans, l'Agrasc (Agence de recouvrement des avoirs saisis et confisqués) organisait une vente aux enchères exceptionnelle de biens saisis lors des enquêtes judiciaires.
L'Agence, qui dépend des ministères de la Justice et du Budget, a connu une année 2021 record. Selon le rapport d'activité, qui vient d'être publié, les recouvrements nets se sont élevés à 468 millions d'euros, ce qui correspond à un total de 484 millions d'euros d'avoirs saisis l'an dernier, en hausse de 200 millions sur un an. Mieux, les confiscations - autrement dit les saisies confirmées par un jugement - se sont établies à 150 millions d'euros, presque le double du montant de 2020.
«L'importance des encaissements tient pour l'essentiel au grand nombre d'affaires économiques et financières ayant entraîné des saisies de comptes bancaires pour des montants exceptionnels», précise le rapport. Il cite deux affaires du Parquet national financier, qui ont totalisé 45 millions d'euros, une au tribunal judiciaire de Toulon de 13 millions ou une escroquerie aux tests antigéniques instruite au tribunal judiciaire de Paris pour 10,5 millions. Plus inédit encore, un dossier de cybercriminalité a débouché sur la première vente aux enchères de crypto-monnaies (avant jugement) pour 23 millions d'euros.